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Perspectives 2024 des institutions financières mondiales : le renforcement de la réglementation ESG au cœur de l'agenda

D’après le rapport du cabinet d’avocats White & Case, analyse des priorités réglementaires 2024 pour les institutions financières mondiales, avec un focus sur l’ESG, couvrant les dernières évolutions politiques de l’UE et du Royaume-Uni.

Perspectives mondiales des institutions financières 2024 : le renforcement de la réglementation ESG au cœur de l'agenda

En 2024, la régulation financière mondiale entre dans une nouvelle phase. Selon le rapport « Perspectives et tendances des institutions financières 2024 » publié par le cabinet White & Case, les régulateurs de l'Union européenne, du Royaume-Uni et des États-Unis font de l'ESG (environnement, social et gouvernance) une priorité centrale, resserrant le cadre réglementaire sur tous les fronts : exigences de divulgation, gestion des risques et répression de l'écoblanchiment. Les institutions financières sont confrontées à des pressions de conformité sans précédent, tout en cherchant de nouvelles opportunités de croissance dans la transition ESG.

Contexte sectoriel : l'ESG passe du volontariat à l'obligation

Au cours des dernières années, l'investissement ESG a connu une croissance rapide, mais le cadre réglementaire est resté relativement fragmenté. Avec l'explosion de la demande des investisseurs pour des produits durables, de nombreuses communications ESG exagérées ou trompeuses sont apparues sur le marché, déclenchant une crise de confiance chez les consommateurs. Les régulateurs ont pris conscience que l'absence de normes unifiées et d'une application effective de la réglementation nuirait au développement à long terme du marché de la finance durable. Ainsi, 2024 devient un tournant décisif où la réglementation ESG passe de « principes volontaires » à « contraintes obligatoires ».

Dans le même temps, les expositions des banques aux risques climatiques et environnementaux sont soumises à un examen plus strict. Lors de son examen thématique de 2022, la Banque centrale européenne (BCE) a constaté que la plupart des banques ne géraient pas correctement les risques climatiques, et a adressé des lettres d'avertissement, allant même jusqu'à menacer d'imposer des amendes. Ce signal montre que les régulateurs ne tolèrent plus les engagements ESG de type « paroles en l'air », mais exigent des institutions financières qu'elles intègrent réellement l'ESG dans leur stratégie et leurs opérations.

Dynamique actuelle : l'UE et le Royaume-Uni en tête de la réglementation ESG

Union européenne : le paquet finance durable et la norme sur les obligations vertes

La Commission européenne a présenté en juin 2023 un nouveau paquet sur la finance durable, visant principalement à lutter contre l'écoblanchiment et à promouvoir la normalisation de l'investissement durable. Les autorités européennes de surveillance (AES) ont publié un rapport d'étape sur l'écoblanchiment, soulignant les zones d'ombre du cadre réglementaire actuel, et prévoient de publier un rapport final et des recommandations en mai 2024.

En octobre 2023, le Conseil de l'Union européenne a officiellement adopté le règlement sur les obligations vertes européennes. Cette norme, alignée sur la taxonomie des activités durables de l'UE (taxonomie de l'UE), exige que les fonds levés par les obligations vertes soient investis dans des activités économiques conformes à la taxonomie. La norme devrait être pleinement applicable d'ici la fin 2024, fournissant au marché des obligations vertes un « étalon-or » crédible.

En matière de réglementation bancaire, les modifications apportées au « paquet bancaire » de l'UE (CRR/CRD) intègrent les considérations de risque ESG, exigeant des banques qu'elles mettent à jour leur stratégie d'ici la fin 2024 afin de gérer efficacement les risques climatiques et environnementaux. La BCE a clairement indiqué qu'elle prendrait des mesures coercitives à l'encontre des banques qui ne répondraient pas aux attentes réglementaires. En outre, la BCE et le Comité européen du risque systémique (CERS) ont publié conjointement un rapport explorant la possibilité d'intégrer les risques climatiques dans le cadre macroprudentiel, annonçant un renforcement supplémentaire de la réglementation à l'avenir.

Royaume-Uni : exigences de divulgation en matière de durabilité et labels d'investissement### Royaume-Uni : exigences de divulgation en matière de durabilité et labels d'investissement

La Financial Conduct Authority (FCA) du Royaume-Uni a publié en novembre 2023 la déclaration de politique PS23/16, introduisant les exigences de divulgation en matière de durabilité (SDR) et le régime de labels d'investissement. Les nouvelles règles restreignent l'utilisation des termes liés au développement durable, afin de prévenir les allégations trompeuses, et fixent un calendrier de mise en œuvre progressive : à compter du 31 mai 2024, les règles anti-écoblanchiment entrent en vigueur ; à compter du 31 juillet 2024, les gestionnaires d'actifs peuvent demander des labels d'investissement durable ; à compter du 2 décembre 2024, les exigences de divulgation destinées aux gestionnaires d'actifs sont pleinement mises en œuvre.

La FCA s'appuie également sur les normes de divulgation de l'International Sustainability Standards Board (ISSB) et prévoit de mettre à jour ses orientations sur la divulgation financière liée au climat, ainsi que d'établir de nouvelles règles pour les sociétés cotées. Ces mesures montrent que le Royaume-Uni s'efforce de bâtir un cadre réglementaire ESG de premier plan au niveau mondial, tout en conciliant innovation du marché et protection des investisseurs.

Impact sur le système financier

Le renforcement de la réglementation ESG remodèle plusieurs dimensions du système financier :

  • Efficacité des paiements et flux de capitaux : Bien que l'ESG ne modifie pas directement les infrastructures de paiement, les normes relatives aux obligations vertes et les labels d'investissement durable orienteront les capitaux vers les projets conformes à la taxonomie, optimisant ainsi l'efficacité de l'allocation des ressources.
  • Inclusion financière : Le cadre ESG renforce l'attention portée aux investissements socialement inclusifs, incitant les institutions financières à développer davantage de produits destinés aux groupes vulnérables, tels que les microcrédits verts.
  • Concurrence bancaire : Des exigences strictes de divulgation ESG pourraient accroître les coûts de conformité pour les petites et moyennes banques, tandis que les grandes banques, grâce à leurs ressources et avantages technologiques, s'adapteront plus facilement aux nouvelles règles, aggravant ainsi la concentration du secteur. Cela favorise également l'émergence de prestataires spécialisés en conseil et services techniques ESG, créant un nouvel écosystème concurrentiel.
  • Coûts de conformité : Les institutions financières doivent allouer des ressources importantes à la collecte de données, aux rapports de divulgation et à la modélisation des risques, ce qui augmente les coûts opérationnels à court terme. Selon les estimations, les coûts de conformité ESG pourraient représenter 5 % à 10 % des dépenses opérationnelles annuelles des banques.
  • Gestion des risques : Les risques climatiques et environnementaux sont intégrés dans la supervision prudentielle. Les banques doivent développer des capacités plus robustes de tests de résistance et d'analyse de scénarios afin de quantifier les expositions aux risques à long terme et de renforcer la résilience globale du système financier.

Défis à relever

  • Bien que la direction soit claire, la mise en œuvre de la réglementation ESG se heurte encore à de multiples obstacles :- Qualité et standardisation des données : l'absence de définitions unifiées et de normes de divulgation pour les données ESG entraîne une faible comparabilité des données, rendant difficile pour les institutions financières d'évaluer avec précision la durabilité de leurs portefeuilles.
  • Fragmentation réglementaire : les règles ESG diffèrent selon les juridictions (par exemple la taxonomie de l'UE et la SDR britannique), ce qui expose les institutions financières transfrontalières à une complexité de conformité.
  • Difficultés d'intégration technologique : intégrer les données ESG dans les systèmes bancaires centraux n'est pas aisé et nécessite une mise à niveau de l'architecture informatique et des processus de gouvernance des données.
  • Écoblanchiment et incertitudes en matière d'application : bien que les régulateurs renforcent l'application des règles, la définition des « déclarations trompeuses » comporte encore des zones grises, ce qui peut entraîner des litiges juridiques et des risques de réputation.
  • Cadre macroprudentiel encore immature : l'évaluation des impacts systémiques des risques climatiques est encore au stade exploratoire, et les décideurs politiques doivent équilibrer la stabilité financière et les objectifs de croissance économique.

Usage des sources · fintechdaily

fintechdaily replace cette note dans FinTech Daily suit les paiements numériques, l'innovation bancaire, l'IA dans la finance, la crypto, le Web...; les Liens sources doivent être ouverts avant de reprendre le résumé. Paiements numériques / Innovation bancaire / IA et finance explique l'angle éditorial local: dates, noms et changements de statut restent à vérifier.

Source URLs

  1. https://www.whitecase.com/insight-alert/2024-financial-institutions-outlook-trendsPrimary

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